Portrait de Gilles Servat

En 1971 s’élève une voix. Un insurgé entre en scène. La blanche hermine entre dans la vie de Gilles Servat. Et dans la nôtre. Il vient de donner à son pays un hymne plus connu que le Bro Goz !

Héritier de Glenmor et de Yann-Ber Calloc’h, il n’a cessé de porter ses rages, jusqu’à être interdit sur certaines ondes de l’hexagone. Ses chansons n’en ont que plus de force. « La blanche hermine », « Ki du », « Erika ».

Vient l’aventure de l’Héritage des Celtes avec Dan Ar Braz. Gilles y fait des rencontres déterminantes. Donal Lunny, Eoghan O’Neill, en passant par Nollaig Casey, lui apportent leur concours sur scène comme en studio. Puis, posant ses valises à Locoal-Mendon, dans le Morbihan, il entreprend une collaboration fructueuse avec Dédé Le Meut et le bagad Roñsed-mor

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« Quel est le chanteur qui t’a le plus inflencé ? »
Je pense tout de suite à Glenmor ! J’ai tous ses disques, tous ses livres, ses recueils. Je les relis régulièrement et j’y trouve toujours quelque chose. Il donne une définition du bardisme très claire : « Tu te dois à ton peuple. » La poésie bretonne m’a aussi beaucoup motivé. En particulier, « Ar en deulin », de Yann-Ber Calloc’h. Il ya tellement de lyrisme dans cette oeuvre…

« Te rappelles-tu ton premier voyage en Irlande ? »
Très bien. C’était pour enregistrer « La blanche hermine », le premier disque. En 1971. J’ai enregistré cela en un jour chez Trend Studios à Dublin. Je ne connaissais personne, je parlais mal anglais, et les musiciens ne comprennaient rien à mes chansons ! Sur le disque « Erika Erika », Eoghan a demandé à Des Moore d’assurer la guitare. Quand il a commencé à jouer, j’ai reconnu son jeu et je lui est dit : « Toi tu as déjà joué avec moi il y a trente ans! » Il se souvenait. La guitare folk qu’on entend sur le premier disque, c’est lui ! Incroyables retrouvailles ! D’autant qu’il croit que Donal Lunny était venu aussi.

« L’Héritage des Celtes a été une étape importante dans ta carrière. »
Oui, bien sûr. Comme il a donné un coup de fouet à la musique bretonne en général. Deux « Victoires de la musique », cela impressionne. D’autant que certains dans le show-business ne réagissent qu’à ce genre de récompenses.

« Aujourd’hui, on voit beaucoup de jeunes s’inscrire dans les bagadoù. Penses-tu que la relève est assurée ? »
La musique bretonne se porte beaucoup mieux, à tous les niveaux, que ce soit au plan de la quantité ou de la qualité. On voit arriver énormément de jeunes. Ce qui nous a fait courir le plus de dangers, c’est la honte. Et ce sentiment là, nous l’avons dépassé. D’où la bonne santé de notre musique.

17 Réponses à “Portrait de Gilles Servat”

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  1. AlexisD dit :

    Bah moi je voudrais dire un grand merci à ce monsieur. Il représente l’idéal à travers ses musiques, ses textes, tout cela pour dire que je suis fan.

    En espérant le voir en concert à Lorient le 5 aout prochain.

  2. Pierre dit :

    Je me souviendrai toujours du concert donné à Pont-Croix…La charge contre Total (Erika) et l’engueulade en règle d’un p’tit con qui s’amusait à pointer l’artiste avec son faisceau lazer.
    L’artiste l’a comparé à un sniper tout en le mettant en garde d’arrêter sinon, descente de l’artiste dans la foule pour lui faire la peau…Gilles Servat, le dernier vrai rebelle…Porte-toi bien Gilles…A bientôt en Belgique…

  3. ollivier franck dit :

    bonjour Gilles

    Avant tout je te félicite pour ta carrière et je te souhaite une bonne et heureuse année 2010 tout en continuant à nous enchanter par tes chansons à texte . Par ailleurs serait-il possible de se procurer le texte d’une chanson sur La Baule et Olivier Guichard qui voulait à l’époque urbaniser les marais salants de Guérande heureusement classé entre temps par Brice Lalonde . Merci d’avance et bonne continuation .

  4. philippe martinetti dit :

    j’ai decouvert gilles servat dans les années 1975, la corse en ce temps là était à la recherche de son identitée .Les chansons dee gilles servat sont l’Héritage des Celtes et proches des notres.
    A QUAND GILLES SERVAT A AJACCIO?
    Merçi gilles servat

  5. un petit coin de bretagne dit :

    lydia : je suis un petit coin de bretagne (lézardrieux),tu me manque ,plus que beaucoup ,j’avance dans mon travail psychologique toute seule par ce que je suis , avant tout (pure bretonne ) mais avec beaucoup de lacunes ,et comme il se doit un peu de caractère ,qui me fait défaut de temps a autres , se que tu chante n’es que véritée, très réalité passé ou présent , bravo . avec mes années qui passes , de moins en moins de personnes m’empêche de parler (mni chanter) , mais tout cela s’apprend avec le temps (avoir pu été a coté toi , trop peu de minutes, a été comme une étoile qui me faisait renaître)ca se sent que tu es vrais ,nature et surtout humain ,se qui manque a beaucoup d’être terrestre, mais toi tu fait parti de ceux qui peuvent mener la marche , et nous sommmes nombreux a vouloir te suivre alors tiens bon la barque et aide nous a faire frond nous te suivront((corrige mes fautes et bopn vent))

  6. ALMARAZ dit :

    Bravo à ce grand Monsieur, qu’est Gilles Servat.
    Au fait, doit-on prononcer le ‘T’ à la fin de son nom ?, comme Morgat en presqu’île de Crozon ?
    J’ai écouté Gilles pour la première fois en 1977 (je crois) avec son succés de toujours : ‘La blanche Hermine’.
    Je ne suis pas Breton, mais j’aime la Bretagne et la musique celtique en général. Aussi ceux qui la représentent comme Gilles, Tri Yann et d’autres…..sont à remercier et nous leur souhaitons de toujours nous enchanter !! Merci et Bravo !!

  7. bretagne dit :

    !!!!!! juste t’ invité a manger au pesqueut a la roche jaune dans notre côtes d’amor kénavo

  8. Madeleine dit :

    J’ai écrit ce poème pour la Bretagne, Gilles, il y a longtemps…

    Breizh

    Bijou égaré d’une parure ancienne
    Retrouvé dans mon âme, fille du vent celtique
    En remontant les flots du fond de ma géhenne
    Tu m’as faite compagne d’un arbre magnifique.
    Auréolée de bruines, éclaboussée d’embruns
    Gemme pure et sauvage aux arêtes farouches
    Niché dans tes collines m’enivre son parfum
    Et chante le feuillage que caressa ma bouche.

    Balayée par l’Ankou dont tu nargues la rouille
    Renaissant à jamais de germes indociles
    En ton ventre si doux aux yeux des imbéciles
    Tu dévores en secret la lèpre qui te souille.
    Aux anciens temps sacrées, aujourd’hui moribondes
    Gémissent tes forêts devant la guillotine
    Nous rendras-tu le blé des plages de la honte
    Et les moissons dorées pour le noir des usines.

    Ils t’ont mis dans la bouche de l’hostie et du vin
    Sur le frais de ta couche ils ont cinglé tes reins
    De leurs épines en croix ruisselant d’eau bénite
    Hurlant que tu accouches les premiers mots latins.
    Ils sont vieux maintenant et leurs enfants débiles
    Récitent en gémissant les prières stériles
    Mais les tiens, tes enfants, pieds nus pour retrouver
    La chaleur de la terre dans leurs veines monter
    Face à « Oeil de Lumière » chanteront ta liberté.

    Berceau du rendez-vous dévoilé pour ma vie
    Rêvant d’un absolu en ce monde impossible
    Embarque-moi sur tous tes chemins invisibles
    Tant de fois reconnus au clair de ma folie.
    Au sein de ton espoir un arbre a pris racine
    Garde-le, c’est mon phare, mon ami et mon frère
    Nourris notre mémoire aux celtes origines
    Et referme tes bras autour de ma prière.

    Madeleine

  9. ALIETTE dit :

    Merci beaucoup pour l’excellente soirée de l’Aber Wrach. Merci pour cette petite dédicace. Je ne regrette pas mes 800 km. Je suis revenue dans ma Corrèze le coeur vraiment plein de joie et le moral remonté a bloc. Je ne pourrais malheureusement pas venir vous voir à Isle le 30 avril et j’en suis vraiment désolée alors que vous êtes si près de chez moi. Mais tant pis « je vous emporte dans mon coeur ».
    C’est moi qui vous ai demandé de chanter cette chanson à l’Aber Wrach, je vous remercie beaucoup de l’avoir fait. C’est vraiment très agréable les concerts dans ces petites salles, tout du moins pour nous les spectateurs, car pour vous je pense que les grandes salles sont tout de même plus rentables. Encore merci beaucoup et maintenant quoi qu’il arrive je garderais au fond de moi ce grand moment de bonheur. Bonne chance a vous et merci.

  10. Madeleine dit :

    Bonjour Gilles,

    J’ai téléchargé sur « I Tunes » 3 CD de toi. Pourquoi n’y en a-t-il que quelques-uns de disponibles ? J’ai une douzaine de disques de toi en black, dont tes tout premiers, mais j’aimerais les avoir en réédition CD. A bon entendeur, bisou!

    Madeleine

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